DOSSIERS SANTE : MALADIE DE LYME

un enjeu de santé publique, nié par la médecine et ignoré par les pouvoirs publics

En bref

Méconnue et ignorée par la recherche, la maladie de Lyme fait pourtant des ravages, en Europe (Allemagne, Hollande, France, ...) comme aux Etats-Unis. La maladie de Lyme est une maladie infectieuse due à une bactérie (Borellia), transmise à l’homme par une morsure de tique. Lorsque la morsure passe inaperçue et que le malade est infecté, il développe une phase tardive de la maladie. Le diagnostic est difficile à établir en l’absence de tests sérologiques fiables et par méconnaissance de la part des médecins

La situation actuelle est fondée sur une doctrine médicale dominante qui date de 2006 mais des voix reconnues font bouger les lignes ...

 

Des statistiques dérangeantes

Les statistiques officielles françaises font état de 27 000 cas par an (43 cas pour 100 000 habitants), avec des disparités régionales (en Auvergne : de 50 à 100 cas pour 100 000 habitants).

La réalité serait bien supérieure : selon l'association France-Lyme, on dénombrerait 65 000 cas par an (chiffre cohérent avec les statistiques officielles allemandes qui font état de 80 000 cas par an).

 

La maladie de Lyme

La maladie de Lyme ou borelliose de Lyme est une maladie infectieuse due à une bactérie (Borellia), transmise à l’homme par une morsure de tique. Elle doit son nom à la ville de Lyme (Connecticut - USA) où elle a été décrite en 1975, suite à de nombreux cas d’arthrite (inflammation des articulations) chez des enfants et des adultes.

Lorsque la maladie est détectée et traitée rapidement après la morsure (à l’aide d’antibiotiques), la guérison est généralement assurée.

En revanche, lorsque la morsure passe inaperçue et que le malade est infecté, il développe une phase tardive de la maladie. Le malade peut développer douleurs articulaires, musculaires, céphalées, troubles cardiaques, fatigue, sensation d'épuisement, troubles de la mémoire et de la concentration, érythème migrant avec plaques rouges, ...

Le diagnostic est difficile à établir en l’absence de tests sérologiques fiables : celui utilisé en France ne détecte que 30% à 60% des malades et a été mis au point il y a 25 ans ! Un test plus performant est utilisé par nos voisins allemands mais n'est pas reconnu en France.

 

Ce qu'en pense la médecine

La doctrine médicale en vigueur (Conférence de consensus de 2006) s'arqueboute sur un déni affirmant que les patients ne sont pas atteints d’une forme chronique de la maladie mais de fatigue, de dépression, de spasmophilie, de rhumatismes, de fibromyalgie, ...

A l'exception notable de praticiens reconnus comme le Pr Peronne, selon qui "l'existence de la forme chronique est évidente, même si ce n’est pas officiellement admis".

Ce même professeur explique que "tous ces malades, après avoir vu 4 ou 5 médecins se retrouvent chez le psychiatre ; et ça, c’est dramatique !".

Citons aussi le Pr Montagnier, Prix Nobel de médecine 2008, qui, contrairement à la pensée médicale dominante, est "convaincu que la maladie de Lyme peut dégénérer en infection chronique".

Le 14/07/16, le numéro 2997 de l'OBS comporte un gros dossier sur la maladie de Lyme, ainsi qu'une pétition lancée par une centaine de médecins. L'appel publié dans L'Obs demande au gouvernement de financer le développement de nouveaux tests de la maladie de Lyme, nettement sous-diagnostiquée et mal soignée en France. "Il y a urgence", affirment les signataires dans cet appel adressé à la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Pour lire l'appel et la liste des médecins signataires : cliquez ici

 

Le 05/01/17, le Professeur Chritian Perronne fait le point dans le 28' sur Arte :

 

Ce qu'en pensent nos élus

Le 05/02/15, une proposition de loi (n° 2291), soutenue par 70 députés et visant à faire progresser la recherche, les essais cliniques, l’éducation et la prévention à propos de la "maladie de Lyme", a été ... "renvoyée en Commission" ; autant dire rejetée.

Visiblement, la prise de conscience de nos élus n'est pas encore à la hauteur des enjeux !

Pour lire le courrier adressé le 28/11/15 à Mme Pires-Beaune, députée : cliquez ici

 

Un frémissement des autorités sanitaires

Le Haut Conseil de la Santé Publique a reçu le 12 juillet 2012, une saisine de la Direction générale de la santé relative à l’état des connaissances sur l’épidémiologie, le diagnostic et le traitement de la borréliose de Lyme.

Ce HCSP a remis son rapport le 28/03/14, dans lequel il constate que "le diagnostic clinique et le diagnostic biologique ne permettent ni de faire un diagnostic probant de maladie de Lyme, ni de l’exclure avec les moyens actuels".

Il recommande notamment de "favoriser l’évaluation et la disponibilité des nouveaux moyens diagnostiques, de promouvoir rapidement la réalisation d’un protocole de recherche multicentrique et multidisciplinaire, de mieux étudier les associations de défense des malades de Lyme et leurs adhérents, ..."

Pour lire le rapport complet du Haut Conseil de la Santé Publique : cliquez ici

 

Et la prévention ?

En forêt, vous pouvez être piqué par une tique et être contaminé par la maladie de Lyme, gravement invalidante.

Les tiques sont actives toute l'année, lorsque les températures extérieures sont comprises entre 7°C et 25°C. Le risque augmente lorsque les températures incitent à se découvrir pour les activités de plein air.

La proximité de la forêt, des endroits boisés, ombragés et humides augmentent les risques. Protégez-vous la peau et les cheveux avant d'entrer dans les sous-bois ou dans les hautes herbes . Les tiques sont en général à moins d'un mètre du sol. Redoublez d'attention avec les enfants !

Portez des vêtements couvrant la peau (manches longues, pantalons, chaussettes, bottes, chaussures montantes, chapeau, casquettes. Mettre le bas du pantalon dans les chaussettes. Il est plus facile de détecter les tiques sur des vêtements clairs.

Employez des produits répulsifs contre les insectes mais seulement ceux qui restent efficaces pendant plusieurs heures. Les produits efficaces sont souvent à base de 30% de DEET (N-diethyl-meta-toluamide) mais doivent être appliqués sur les vêtements et non sur la peau.

 

Un plan national de lutte contre la maladie (28/12/16)

La structuration des associations autour de la FFMVT (Fédération Française contre les Maladies Vectorilles à Tiques), les campagnes de presse et la mobilisation de quelques soignants ont fait pression sur la pouvoirs publics.

Reconnaissant que "la maladie de Lyme fait l’objet aujourd’hui de nombreux débats et controverses, du fait de son polymorphisme, des difficultés diagnostiques et des difficultés de prise en charge des formes tardives", la Ministre des affaires sociales et de la santé a "souhaité" que soit élaboré un plan de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques.

Le plan se décline en 5 axes et 15 actions :

  • Axe stratégique 1 : Améliorer la surveillance vectorielle et les mesures de lutte contre les tiques
    • Action 1 - Renforcer la surveillance des différentes tiques sur le territoire
    • Action 2 - Améliorer nos connaissances sur l’écologie de la tique et identifier les mesures de lutte les plus efficaces
    • Action 3 - Tester l’efficacité des répulsifs contre les tiques et préciser les modalités de leur utilisation, notamment pour les travailleurs
  • Axe stratégique 2 – Renforcer la surveillance et la prévention des maladies transmissibles par les tiques
    • Action 4 - Généraliser sur l’ensemble du territoire la surveillance des maladies transmissibles par les tiques
    • Action 5 - Développer l’information sur les mesures de protection à l’orée des forêts et des sentiers de randonnée
    • Action 6 - Intégrer un volet sur les maladies vectorielles dans les schémas régionaux de santé
    • Action 7 - Faire évoluer les messages et supports de prévention, en lien avec les associations
  • Axe stratégique 3 – Améliorer et uniformiser la prise en charge des malades
    • Action 8 - Elaborer un protocole national de diagnostics et de soins (PNDS) pour les maladies transmissibles par les tiques
    • Action 9 - Désigner des centres spécialisés de prise en charge dans les régions
    • Action 10 - Evaluer l’opportunité d’inscrire la maladie de Lyme dans la liste des affections de longue durée (ALD)
  • Axe stratégique 4 – Améliorer les tests diagnostiques disponibles
    • Action 11 - Renforcer le contrôle qualité des laboratoires de biologie médicale et le contrôle de la qualité des notices des tests
    • Action 12 - Evaluer la performance des tests actuellement commercialisés
  • Axe stratégique 5 – Mobiliser la recherche sur les maladies transmissibles par les tiques
    • Action 13 - Développer de nouveaux outils de diagnostic post-exposition vectorielle s’appuyant sur les nouvelles technologies
    • Action 14 - Mener des études sur l’épidémiologie et la physiopathologie des maladies transmissibles par les tiques
    • Action 15 - Mettre en place une cohorte de recherche prospective de suivi des patients suspects de maladie de Lyme

    Pour consulter le plan national 2016 du Ministère de la Santé : cliquez ici

     

    Pour en savoir plus :

    A savoir :

    En forêt, vous pouvez être piqué par une tique et être contaminé par la maladie de Lyme, gravement invalidante.

    Sous la pression des associations de malades, le ministère de la Santé a élaboré un plan d'action publié fin 2016.

     

     

    Dernière modification : 15/01/2017 à 20:08:59

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